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C’est à Cabourg, dans un superbe lieu face à la mer, du 8 au 10 novembre dernier, qu’ont eu lieu les Automnales du SICFOR (Syndicat des Indépendants Consultants Formateurs), dont je suis membre depuis sa création.
Le thème cette année était : L’accompagnement : une posture professionnelle du formateur-consultant !... Y a-t-il une « bonne » posture ?
Le travail s’est amorcé par des ateliers sur la croissance et la diversité de la demande d’accompagnement. Ces ateliers nous ont permis de constater une évolution dans la demande des clients, les pratiques actuelles du formateur incluant de plus en plus d’accompagnement, quels que soient les types d’intervention. Nous avons donc inventorié ces différentes pratiques et avons dégagé les similitudes et les différences entre les 4 postures d’accompagnement : formation, coaching, tutorat et parrainage, et conseil.
Ces ateliers étaient supervisés par Maëla Paul, Dr en Sciences de l’Education, auteur d’une thèse sur l’Accompagnement, Chargée d’Enseignement en Université pour la Professionnalisation des professionnels de l’accompagnement. Lors de plénières, Maëla Paul a largement complété les apports des ateliers grâce à un regard précis et pertinent sur la posture d’accompagnant.
D’après Maëla Paul, la relation d’accompagnement suppose à la fois une relation de parité (les compagnons entre eux sont pairs) et de disparité (les places ne sont pas les mêmes). C’est la synergie de l’action relationnelle et de l’action opérationnelle qui créée la coopération. Le travail se fait sur 2 axes : l’axe fonction/posture et l’axe démarche/relation… Si la démarche est raisonnable, la relation échappe à tout critère, et il s’agit de conjuguer le raisonné au résonné !
Toujours d’après Maëla Paul, si la fonction d’accompagnement est reçue, la posture est donnée ; les casquettes sont liées à la fonction, mais la posture est autre chose : c’est un comportement qui est l’expression d’une valeur, d’une consistance intérieure, car si la posture est construite, c’est une imposture ! La posture n’a de sens que dans la relation à l’autre, et elle doit être en quelque sorte « clinique » au sens de « s’incliner au chevet de l’autre »…
Si le coach est un entraîneur, dit Maëla Paul, il est trop directif ; s’il est un maïeuticien, il questionne trop (alors qu’il ne s’agit que d’amener l’autre à se poser les bonnes questions). Il ne doit pas non plus être un éclaireur, mais plutôt se trouver avec l’autre dans un espace éclairé. Il ne doit pas non plus donner de conseil mais lui et son coaché doivent tenir conseil ensemble. L’accompagnant transmet en fait ce qu’il est, son humanité… Il doit rentrer en résonance avec l’autre, le coach étant en fait un compagnon de cordée pour ascension difficile…
Cette plénière fut suivie d’ateliers visant les uns à illustrer des outils ou techniques d’accompagnement, les autres à proposer de vivre, en équipe, un accompagnement. L’atelier de Dominique Jaillon, Président de la SFC (Société Française de Coaching), avait pour thème : « Accompagner une équipe vers la clarification de son mode de management », tandis que celui de Martine Volle, Past President de ICF France visait à « Accompagner une équipe vers ses désirs ». L’outil utilisé dans ce dernier, auquel j’ai participé était très intéressant et a permis aux adhérents du SICFOR de clarifier leurs objectifs futurs.
Ces ateliers ont été suivis d’une Table Ronde composée de Jacques Dechance, Martine Volle et Dominique Jaillon. Il en ressortait que l’accompagnement de type coaching demande de la vitalité, de l’humilité, une écoute engagée et en même temps discernante pour trouver la bonne distance, un bon questionnement incisif et pertinent. Côté coaché, le coaching sert à devenir le sujet de son histoire… Nous sommes tous le produit d’une histoire dont nous tentons d’être le sujet !... et le coach est celui qui, par son ignorance, aide l’autre à aller voir en lui.
Ces Automnales se sont terminées par l’intervention de Denis Bismuth, créateur de groupes de professionnalisation et auteur de l’ouvrage « Analyse des pratiques de managers ». Cette intervention portait sur les Echanges et l’Analyse de Pratiques. Pour développer sa professionnalisation, dit Denis Bismuth, il faut être capable d’analyser ses pratiques, à l’inverse de l’expert qui fait sans pouvoir expliquer comment. L’action est possible quand elle est pré-réfléchie et, si l’on veut comprendre ses pratiques, il faut travailler sur le pré-réfléchi, travailler sur les représentations que l’on a de sa pratique.
Bien entendu tout cela s’est articulé autour d’un travail plus orienté vers l’évolution du SICFOR, avec aussi des temps de détente et des échanges fructueux entre collègues. Ce fut un temps très fort où se sont amorcées des possibilités de réflexions communes. Ce travail n’est pas terminé et donnera lieu à des journées ou des ateliers organisés par le SICFOR afin d’approfondir certains des axes.
Je n’ai regretté qu’une seule chose : que l’AEC soit si peu représentée sur un thème qui nous concerne tant !
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